La Rafle

Diarrhée verbale

Il est des sujets de société qui agitent l’opinion et par essence, les bien pensants qui ont, quoi qu’il arrive, toujours quelque chose à penser et qui le clament à qui veut l’entendre. Sans risque d’être taxés d’immoraux par le public français ou les animateurs télé.

Nos « penseurs » ont l’opinion derrière eux. Racisme, antisémitisme, féminisme, écologie, culture, festivals de world music, possession d’armes à feu, niqab ou encore interdiction de la fessée, notre société occidentale moribonde agite encore, de façon faiblarde, et à peine éhontée, l’illusion de s’offusquer de ce qu’elle est devenue et des aberrations qu’elle a enfantées. C’est parfois bien fait, avec finesse, délicatesse et sans Sylvie Testud. Mais c’est bien souvent catapostrophique, pour ne pas dire de gros mots. Il ya quelques semaines, mes errances cinématographiques m’ont déporté dans un grand cinéma où j’ai assisté bien malgré moi à « La rafle » dont je tairais le nom de la réalisatrice, par respect pour sa mémoire.

Certes, il fallait bien offrir à Gad Elmaleh un rôle dramatique. Et quand je dis dramatique, je ne parle pas de « Coco », qui s’approche plus du pathétisme. Non, il fallait que l’humoriste préféré des français, la fierté de l’immigration choisie, joue dans un film qui fasse pleurer dans le pop-corn. A chaudes larmes. L’exercice est plutôt réussi de ce côté-là : le « Clair de Lune » de Debussy, à grands renforts de violoncelle (oui, je suis très sensible au violoncelle) m’a mouillé les yeux pour le final. Il a carrément fait chialer ma copine à gros sanglots, les rangs de derrière et ceux de devants avec. Servi par une tripotée d’acteurs français plus habitués au théâtre, suintant le vaudeville, les films de costume et le titi parisien, « La Rafle » s’inscrit dans la grande tradition du mauvais cinéma français de ces 20 dernières années. Retenons la performance de la réalisatrice qui est d’avoir envoyé cette insupportable Testud valser dans les cordes avec la Faucheuse dans le 1er acte.

Côté marmaille, on a encore rafistolé les chaussettes déjà trouées à maintes reprises. Et des chaussettes qui puent… Avez-vous remarqué à quel point les enfants sont insupportables au cinéma ? On te ressert du Morange et du gamin de moins de quatre ans qui zozotte un peu pour que ce soit mignon que c’en est insolent. J’en tire plusieurs propositions pour changer le titre du film, d’ici à la sortie en DVD : « Les Choristes au vélodrome », « On a déporté le petit Nicolas », ou encore « Vel d’Hiv sa mère ». Je surfe sur la tendance…

Un peu de dignité ne ferait pas de mal. On n’est plus dans le devoir de mémoire, mais dans le commentaire de texte, dans la chorégraphie d’acrogym avec figures imposées. Et laissez-moi vous dire que la pyramide humaine, sur le finish, est un peu bancale…

« Mais Hippolyte, c’est vraiment arrivé ! » m’ont rétorqué certaines personnes. Oui. Certes. Et Schindler a vraiment sauvé des centaines de personnes. Et un pianiste a réellement survécu au ghetto de Varsovie.  Et Primo Levi, et tant d’autres sont bien passés par les camps de la mort. Mais eux-mêmes et/ou ceux qui retranscrit leurs histoires d’écorchés vifs avaient du talent. Et pour rafraichir la mémoire de mes confrères cinéphiles, « Nuit et brouillard », « Shoah », et « La vie est belle » secouent les tripes autrement plus que ce film pour les scolaires, et encore…

La seule chose qui pourrait être réellement « raflée » pour le coup serait peut-être le César du meilleur décor. C’est ce qu’on fait quand on est moche, qu’on pue et qu’on veut plaire : on se maquille et on se parfume…

Je vous embrasse pas, j’ai la crève.

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Le complexe du steak-frites

Diarrhée verbale
Plutôt steak-frites ?

Plutôt steak-frites ?

Êtes-vous plutôt steak-frites ou plat exotique au nom barbare ? J’ai une théorie que j’appelle « le complexe du steak-frites » et que j’aimerais partager avec-vous. Pour cela répondez à la question sus citée et gardez la réponse en tête.

Le steak-frites, c’est le choix des lâches et des faibles, ou tout simplement des routiniers. On sait ce que l’on va avoir lorsqu’on commande ça au resto : un steak avec des frites avec un bout de salade à la con et une tomate sur le côté pour faire de la couleur et parce que Roseline a dit que c’est très important de manger 5 fruits et légumes par jour. C’est bon le steak-frites. C’est simple, bon sans jamais être extraordinaire, mais on n’est jamais déçu.
Le plat exotique, c’est l’apanage des aventuriers et sûrement des cons aussi. Derrière ce nom étrange se cache peut-être une merveille ou au contraire un clébard écrasé par un pousse-pousse il y a trois mois et ramené à vélo d’une bourgade lointaine en plein cagnard. Mais on n’en saura rien avant de goûter.

Dans la vie, il y a deux types de personnes : les steak-frites et les plats exotiques. Parce que ça ne s’arrête pas à la bouffe, ça se vérifie pour tout. En matière de vie conjugale ça se vérifie aussi, particulièrement après quelques années d’un mariage vacillant : il y a les gens qui choisissent de continuer à bouffer leur steak-frites tous les jours car même si ça devient lassant à force c’est toujours ça de pris et ils ne seront pas déçus. Et puis ça cale le bide. Autrement, il y a les autres, ceux qui changent de menu pour tenter l’inconnu, quitte à le regretter amèrement. Dans le boulot aussi, il y a ceux qui préparent des steak-frites toute leur vie alors que d’autres choisissent d’aller cuisiner des plats exotiques ailleurs, pour finir sur une plage des Bahamas ou dans la zone industrielle de Dunkerque.

Alors, êtes-vous plutôt steak-frites ou plat exotique ?
En tout cas n’oubliez pas que manger des steak-frites régulièrement ne vous empêche pas d’aller bouffer un couscous de temps en temps. Et puis qu’avant de commander des sushis, pesez le pour et le contre, regardez si le resto est propre et si vous n’avez pas déjà des problèmes de transit intestinal. Faudrait pas regretter quand même…

L’émancipation de la femme ne serait-elle pas une malédiction ?

Diarrhée verbale

Comme avant-propos, c’est comment dire ? Pas joli-joli me diront certains, c’est insultant et dégradant me diront certaines, c’est carrément vrai acquiesceront d’autres, mais sûrement parce que ce sont des maris brutaux ou des proxénètes. Néanmoins, de la même manière que l’abolition de l’esclavage a créé le racisme, l’émancipation de la femme a créé le machisme, ces deux concepts n’existaient pas avant. Les noirs étant considérés comme des animaux et les femmes comme des outils reproductifs, l’idée de les dénigrer ne serait même pas venue à l’esprit du mâle blanc dominant.

Trêve de comparaisons, passons à l’argumentaire acide, tranchant et lyrique qui démontrera aux yeux du monde que ce n’est pas dans son intérêt, au monde, de donner aux femmes, qui représentent tout de même pas loin de la moitié de la population mondiale (vous aussi ça vous surprend), les mêmes pouvoirs de destruction que les hommes. Parce que si on parle d’égalité, dans les salaires, dans la représentation politique, dans la représentation militaire aussi même si ça n’a pas l’air d’être au centre des revendications des chiennes de garde, on peut aussi parler d’égalité dans la connerie, la violence et la méchanceté. Les hommes sont des cons mais avec un cerveau plus développé que les autres espèces du coup, pas bête et faute d’en être une, ils ont mis toute leur énergie à se foutre sur la gueule pour agrandir leur territoire en s’alliant et en se trahissant au gré de l’histoire et le tout sans que, en général, les femmes n’aient eu voix au chapitre. Au bout du compte, on est sur une planète au bord de l’implosion où on a réussi à créer un arsenal capable de la faire exploser. Imaginez donc, si les femmes avaient eu les mêmes noirs desseins que l’homme, car si elles ne sont pas en dessous des mâles, elles n’en sont pas au dessus non plus et dès lors, elles auraient commis les mêmes horreurs, participé aux mêmes génocides, torturé et violé son ou ses prochains, maté des pornos et pété au lit, comme tout le monde en somme. Dans quel merdier serions-nous actuellement. Renaud l’a très bien montré, de manière involontaire peut-être, avec sa chanson où il fait l’éloge de la femme et dont la phrase récurrente était « à part peut-être Madame Thatcher. ». Que veut nous dire cet homme avec cette chanson, c’est que la femme ne tue pas, qu’elle est gentille et tout et tout mais tant qu’elle n’est pas l’égal de l’homme, car dès qu’elle a les mêmes pouvoirs que les hommes, et bah elle fait pareil, elle laisse le monde ouvrier se péter la gueule, en même temps les usines ça pollue, et pendant ce temps-là elle laisse son fiston alimenter les guerres civiles africaines en fournissant des armes, c’était peut-être les surplus de la guerre des malouines me direz-vous, mais quand même, elle regroupe un peu toutes les tares du père absent bouffé d’ambition, pour un peu, on aurait pu lui voir des couilles pousser.

Blague à part, je viens de voir une jeune fille dans un reportage sur France 3 qui se prostituait sous l’influence de son mec, elle se faisait tabasser régulièrement, mais jamais beaucoup, juste deux/trois coups et après il arrêtait et puis ce n’était pas grave puisqu’elle l’aimait quand même, manque de bol, pour lui ou pour elle ou peut-être les deux, un beau soir il a tapé dessus pendant une demi-heure non-stop du coup, traumatisme crânien, bleues, morsures (qui ne sont pas que l’apanage du sexe faible apparemment) et du coup direction hôpital pour la demoiselle et direction prison pour le méchant monsieur. Mais malgré ça, la jeune fille se disait prête à continuer à se prostituer pour que son chéri ne vive pas trop mal son incarcération tout ça parce qu’elle l’aimait. C’est certain qu’en entendant ce genre d’histoire, on se dit que les femmes ont sérieusement besoin d’émancipation, ou d’un cerveau dans le cas de celle qui avait un cœur à la place. Ah, l’éternel débat entre raison et passion.

Tu connais l’histoire de paf! le chiard ?

Diarrhée verbale

Je me sens d’une humeur de psychologue raté, de type qui vient t’expliquer dans les colonnes de «Elle» ou «Marie Claire» que ça donne le cancer de frapper son gosse et de manger trop de jambon. Je te parle même pas des forums de Doctissimo, peuplés de jeunes mamans ou d’acariâtres ménopausées avant l’heure qui, ELLES, sont déléguées de parents d’élèves et qu’à ce titre savent qu’il ne faut, en aucun cas, effleurer la délicate fleur naissante de l’enfance… Ah ! une bonne taloche, un bon coup de pied au derrière, comme à la bonne époque ! Les bonnes choses de la vie se perdent dans la bien-pensance et dans les mauvais bouquins «d’éducation»…

Au collège, j’avais un prof de sport, le genre mastoc, avec des raquettes de tennis à la place des paluches. Le type plutôt sympa, globalement respecté. Si en plus je t’explique que c’est le fils de Pierre Jakez Hélias, tu vas la fermer ta gueule ? Bon, je reprends. J’ai toujours aimé faire le malin pour un rien, le tout accompagné d’une réfraction pathologique aux symboles de l’autorité. Toujours est-il que j’ai du bien les lui briser plusieurs fois, et qu’un jour la taloche est partie. Ça me l’a coupée, net. Mais j’étais pas offusqué, pas autant que les autres bambins, qui en d’autres conditions n’en avaient rien à foutre de ma trogne. J’ai un copain qui dit qu’au Moyen Orient c’est pareil : les états arabes s’en tamponnent des Palestiniens. Ça leur donne bonne conscience de s’offusquer un peu, selon lui…Et ça attire l’attention des Occidentaux. Toujours est il que moi je moufte que dalle, je regarde le mec et j’attends la deuxième rafle. J’ai été au catéchisme, je sais qu’ça va par deux. Les autres bavent qu’il a pas le droit, la déléguée va en référer au conseil constitutionnel. J’ai jamais aimé cette pouffiasse. Les délégué(e)s donnent des hommes politiques insupportables, j’en suis intimement persuadé. Le genre qui se mêle de la vie des autres avec une attitude pernicieusement condescendante alors que tu n’a jamais demandé leur aide. Ils ont de la bonne conscience à distribuer à tout le monde. Le prof dit et merde, et s’en va. Pour moi, c’est la révélation : il y a un homme enfermé quelque part dans cette chose qui m’oblige à faire des figures d’acrogym. Une conscience qui pète des câbles, qui cogne, qui hurle, qui vit. Je me sens rassuré…

Alors, un beau martinet sous verre au fond de la classe, à côté de l’extincteur, pourquoi pas. «Break in case of emergency» ! Ça évite de créer une dissonance communicationnelle et relationnelle entre les parties prenantes (élève/enseignant). Faut savoir se faire comprendre. Et moi je dis ça, c’est pas que pour les écoles à problèmes. Pour tous, soyons partageurs et impartiaux ! Que tous les enfants de bobos se fassent roussir le cuir, tirer les cheveux près des oreilles, lancer des craies dans les dents !

On colle moins de fessées dans les chaumières, mais on met de plus en plus de laisses aux gamins pour éviter qu’il aillent courir trop loin. Peut-être s’est-on aperçu que les coups endurcissaient les gosses, et que les générations de lopettes emperlouzées des grandes métropoles étaient plus solubles dans la société… Bon allez, tous en rang d’oignons dans la cour, la distribution va commencer, c’est pour votre bien ! Et le premier qui chiale en reprend une deuxième !

Hartnett tripes à vif

Ramasse tes dents !

Regarder un film découpé en tronçons de 15 minutes sur Dailymotion est déjà une performance en soi, un travail de patience et un apprentissage de la frustration. Un peu comme pisser, bloquer, avoir mal, pisser, bloquer, etc. Et pourtant, je me suis incliné, à maintes reprises, notamment pour regarder l’intégralité des films avec Jim Carrey. Jusque là tout allait à peu près bien. Rien ne me préparait à l’insondable abîme cinématographique dans laquelle j’ai plongé, couilles au vent, une assiette de carbonaras pour deux personnes fumant entre moi et mon PC. La sauce et les spaghettis me dégoulinaient allègrement sur les babines, sur le pull, le pantalon, chaque bouchée avalée accompagnant ma pénitence de « Scrounch scrounch » disgracieux. Giovanni Panzani, prend pitié de ma longue misère…

Nul besoin d’étaler cet insoutenable suspens plus longuement. Il est question de « 30 jours de nuit » , de David Slade avec Josh Hartnett (mais si, souvenez vous, cet acteur insipide, mauvais croisement entre un Matt Damon des podiums et un Di Caprio qui aurait choppé la mucoviscidose) vous savez le mec très talentueux qui joue dans Pearl Harbor…

Petit pitch : l’histoire d’un bled perdu dans le fin fond de l’Alaska où il fait très froid. Un jour, la nuit tombe pour un mois. Du coup, le village est envahi par une bande de vampires qui entreprend de massacrer tous les habitants du village en leur découpant la tête pour leur sucer les tripes.

Heureusement, Eben aka Josh Hartnett, incorruptible shérif de 30 à l’autorité drastique et familiale, surgonflé de morale américaine, veille au grain. Grâce à lui, une petite bande d’alaskiens qui n’auraient rien à envier aux irréductibles gaulois, se cachent dans une petite cave et dans divers magasins, nous replongeant avec nostalgie dans la délicate effervescence du Journal d’Anne Frank. Main sur la bouche, ils attendent, écoutant frémissant le bruits des pas des méchants suceurs de sang sur le toit.

Au bout d’un moment, nos amis du froid comprennent qu’ils ont affaire à des vampires : probablement l’un d’entre eux avait t’il vu la trilogie des « Blade ». Et pis comme ça fait au moins 5 jours qu’ils sont barricadés dans un supermarché rempli, et qu’il y’a plus de cahuètes pour aller avec le Ricard du matin, ils se décident à aller chez la voisine.

La voisine qui, comme un par un subtil flashback inaperçu du début du film, possède des lampes pour faire pousser sa beuh et, ça tombe bien, un groupe électrogène. Les fumeurs de Ganja se délecteront de voir nos amis vampires se faire griller à la lampe à beuh. Un gag de série z qui vient ajouter à cette intrigue au goût d’asperge en boîte un instant de salivation mémorable.

Puis le film se termine, en eau de boudin, sans mauvais jeu de mot…On a envie d’en parler autour de soi. On cherche un soutien, un réconfort. Un jour, quelqu’un que vous teniez en estime vous apprend qu’il l’a bien aimé, ce film. Alors on écrit, pour oublier, pour pardonner. Pardonner à tout ce qu’on est, chantait Leslie. Ou presque…

10 000 BC

Ramasse tes dents !

Il faut savoir prendre la mesure d’un chef d’oeuvre quand on voit un. À n’en pas doter, 10 000 BC (Traduisez « -10 000 avant Jésus» pour les mal-comprenants) du grand Roland Emmerich se pose comme un jalon dans l’histoire du cinéma de cette première décennie du 21é siècle, un retour aux sources qui n’est pas sans nous rappeler avec une certaine élégance teintée d’émotion la « Naissance d’une Nation » de David Griffith.

Le cinéma moraliste et bien pensant à la française a fortement tendance à mettre de côté une cinglante vérité : l’homme blanc est bien supérieur à ses comparses Noirs. Ou bien pire aux Arabes, sortes de succédanés d’espagnols croisés avec des turques. Nous avons d’ores et déjà prouvé l’évidence de cette supériorité en montrant que c’est l’homme blanc qui a eu le premier l’idée de réduire les fruits en bouillie et de les enfermer dans du plastique afin d’éviter d’avoir les doigts qui collent. Quant aux Arabes, Jérome Martèle les a boutés à moitié en 1492.

J’en vois certains qui tiquent un peu : je comprend que cet article puisse choquer. En effet, quoi de pire dans une critique ciné que de devoir attendre aussi longtemps avant d’avoir le synopsis. De plus, le film est sorti depuis 2 ans. Qu’importe, il faut laisser le temps à une oeuvre de macérer dans les esprits pour en extraire sa quintessence, sa « substantifique moelle » comme disait si bien Laurette Fugain qui en aurait eu tant besoin…

Le pitch donc : en -10 000 avant l’autre pomme, une tribu de chasseurs de mammouths fait son premier contact avec la civilisation : des esclavagistes à cheval venus les capturer pour les vendre à on ne sait trop qui. À la limite au début on se dit que c’est peut être pour les bouffer, mais non en fait. Quatre chasseurs dont le héros qui s’est fait chouraver sa tass’pé décident de les poursuivre. C’est le début d’une aventure épique au cours de laquelle nos amis à poils longs vont rencontrer des copains en Afrique qu’ils vont faire travailler pour eux afin de libérer la tass’pé du héros.

La semaine prochaine, nous décortiquerons le dernier épisode de Prison Break et nous nous moquerons sainement des gros. Des bisous à tous…

So long Mano.

Diarrhée verbale
La grane faucheuse

La grande faucheuse

Toi qui avais soif de la vie, qui voulait qu’on t’en apporte et que dans son goulot elle te transporte, tu as finalement vraiment taillé ta route pour la dernière fois. Tu ne traces plus ta vie à grand coups de fusain. Fini les errances de Barbès à Clichy. Tu es parti ailleurs à 46 ans du matin, laissant orphelin un paquet de gens. Mais ça ne fait pas de toi un égoïste pour autant. T’étais même le contraire, toi qui t’es battu courageusement contre la maladie, toi qui as chanté la vie et la mort avec tant de conviction, à pas de géant. T’avais un Sacré Cœur, et ce n’était pas du vent.

Je me rappelle également de ton humour fracassant. Un soir de 1994 au Bataclan tu nous avais lâché un hilarant « j’ai une bonne et une mauvaise nouvelle. La bonne c’est que je ne suis plus séropositif, la mauvaise c’est que j’ai le SIDA ». Faut que je t’avoue, que je libère ma conscience de ce secret devenu fardeau : à l’époque, ça avait quand même fait un bon bide vu le froid que ça avait jeté dans l’audimat. Mais les gens sont cons, y panent quedal à part du poisson (oui, moi aussi j’ai de l’humour).

Tu t’envoles, plus de soir de retour ni de « je reviens ». L’heure de rentrer au port. Mais merci d’être venu nous voir, on a bu de la bière, on a dansé le tango pendant des années entières. Te souviens-tu ? Entre nous, dans ma mémoire il me restera des sentiments écorchés véhiculés avec brio, des rêves du cœur.

Promis je ne pleurerais plus,  pour pas gâcher mon Picon-bière, même si c’est souvent les meilleurs qui s’en vont en premier et les pourris qui restent nous faire chier si longtemps.

So long Mano, j’espère que t’as rejoint ces pays qui valent le coup, où les enfants sautent sur le ventre des éléphants, avec des pourquoi pas qui durent jusqu’à demain.

2012

Diarrhée verbale

Rappel : A la suite des épidémies cumulées de H1N1 et de gastro, je me terre dans un monde en ruines, où rôde la menace à tous les coins de rues…

L’ennemi est partout : déjà il plante ses tours de la haine dans nos villes. Il nous observe. Les rues grouillent de femmes emburqayées. Le gouvernement français, garant de la paix mondiale, plie sous la charge.
Hier encore, j’entendais roucouler la musaraigne à col roulé et le troglodyte à moustaches (les amateurs d’ornithologie sauront que je ne parle pas ici de Jean-Pierre Treiber) dans les campagnes. Notre biodiversité est menacée. Bientôt, je ne serais pas étonné de les voir se trimballer à dos de chameau dans le Puy-de-Dôme.

Déjà, ils ont détruit Haïti, plaque tournante de l’économie mondiale, symbole du capitalisme et du Grand Occident. Les salauds, ils nous connaissent mieux que nous ne nous connaissons nous même (Dieu comme cette phrase est complexe). Ils envahissent nos grandes écoles, crèvent de conquérir notre Paris chéri (le brûlot djihadiste « Neuilly sa mère »). Peut-être même sont-ils déjà au gouvernement… Christine Boutin, notre chère Christine, véritable ceinture de chasteté de la Nation, serait passée de leur côté, gravement atteinte par le syndrôme de Villiers-le-Bel. Elle qui s’affairait à labelliser le sperme français n’a rien vu venir. Nous nous souviendrons de sa campagne « Une branlette : un suicide assisté », déclinable auprès de la population française juive : « Un portable dans la poche : un holocauste ».
Partout, leurs espionnes nous scrutent sous leurs niqab, observant nos manières, nos rites et coutumes, nos techniques de pêches à la turlutte, faisant razzia sur nos coins à châtaignes et à champignons.
Déjà ils s’organisent et qui sait où ils vont frapper ? Je repense à l’époque bénie ou l’ennemi était russe, où nous le boutions gaiement à nos frontières, tel un vulgaire nuage radioactif.

Quand par hasard je sors, j’emporte partout un lance-lardons et une fiole de sang de porc.

Même la Suisse n’est plus à l’abri : le mois dernier ils ont failli avoir Johnny! Ces chiens l’ont poursuivi jusque sur le sol américain! C’est la guerre, totale et mondiale! Qu’un sang hallal abreuve nos sillons, polopopom…

Dossier : Faut-il s’inquiéter pour l’Education Nationale ? (2)

Les gros dossiers de BlogJob

La rédaction tient à s’excuser pour le retard de ce texte. Celui-ci a été écrit quasiment au même moment que la partie 1, bien avant que l’on redescende sous le seuil épidémique.

Mon école a la grippe H1N1

Mon école a la grippe H1N1

On avait déjà suggéré dans la première partie du dossier que la grippe H1N1 était une aubaine puisque son matraquage couvrait tous les autres problèmes. Mais concernant l’Education Nationale, il se pourrait qu’elle joue un rôle bien plus important.

La gestion des effectifs et des budgets qui sont liés à ceux qui façonnent l’esprit de nos futurs dirigeants est un problème épineux posant un choix presque cornélien : d’un côté le coût, de l’autre le droit à l’éducation pour tous, base et fierté de notre système républicain.

Et si c’était possible de supprimer des postes d’enseignants tout en garantissant l’éducation pour tous ? Une chimère ? Il semblerait que non. Je ne parle pas ici d’idées radicales et peu acceptables mais de l’avènement des NTI et de l’e-learning, plus pédagogique et interactif que les classiques cours papier du CNED. Globalement, cela peut prendre la forme d’une animation flash dans laquelle on associe support visuel et audio, avec des exercices à faire et les corrections associées. Pour les lycéens notamment, plus autonomes, la différence avec un vrai professeur n’est pas si gigantesque…

Mais le véritable problème reste entier : est-ce fiable ? Les résultats obtenus sont-ils bons ? C’est là que la grippe H1N1 pourrait intervenir, dans le test de ces nouvelles techniques d’apprentissage.

Lorsqu’une classe ou qu’un établissement ferme, l’éducation de nos chérubins doit continuer. L’Etat a tout prévu : il a mis à disposition en ligne l’ensemble des ressources du CNED ainsi que des petits bonus, comme des cours en vidéo sur France 5 (certains ont peu être eu la chance comme moi de voir un cours sur cette même chaîne vers 4 ou 5h du matin : je me souviens d’un cours passionnant sur les espaces euclidiens).

Et si tout va bien – id est qu’on a une bonne grosse pandémie et donc des fermetures d’établissement à la pelleteuse – lorsque les résultats du bac tomberont et qu’ils ne seront pas affectés pas l’e-learning on pourra alors clamer cette phrase désormais historique : « Grâce à internet, on peut désormais supprimer au moins la moitié des effectifs ».

On commencera par le lycée, les plus grands. On leur laissera des professeurs pour les travaux dirigés et les travaux pratiques. A terme, on peut imaginer n’avoir plus que des TP avec professeurs pour les collèges et les lycées. Ces TP auront une petite plage horaire consacrée aux réponses aux questions éventuelles sur le cours. Si le ministère est grand seigneur, il payera des professeurs pour assurer quelques heures de soutient par semaine pour ceux qui en auront besoin.

Et si les parents râlent parce qu’ils ne veulent pas que leur jeune reste à la maison à jouer au babyfoot et fumer des spliffs, l’Etat payera des pions et des ordinateurs. Ça revient moins cher. Et puis tous ces grands bâtiment doivent être occupés ; surtout ceux qui sont trop vétustes ou mal placés pour être transformés en hôtels particuliers pour magnat du pétrole.

Enfin, rassurez-vous, pour les nostalgiques, en mettant la main à la poche il restera toujours le privé…

H1N1

Diarrhée verbale

Ca y est. Le fléau est passé sous le seuil épidémique. Les quelques 65 millions de survivants reconstruisent une France en lambeaux, tentant d’oublier la pandémie qui les a tant minés. Et pourtant nous avions tout prévu : 94 millions de doses de vaccins, un plan de communication sans précédent sur les gestes qui sauvent, et des masques anti-postillons. Nous pensions être en sécurité. Je n’ai plus serré de mains depuis plus de 6 mois. J’ouvre les portes avec un mouchoir et j’éternue dans mes avants-bras. Mais je m’en suis sorti. Tant bien que mal je me suis extirpé du bourbier, évitant tout contact avec mes congénères, semi-humains hagards errant dans des rues désertiques et poussiéreuses.
La nature a repris ses droits sur la société. McDo s’est teint en vert pour faire profil bas. Chantal Jouanno a fait du vélo. Enfin, presque… Roselyne Bachelot, le hérault que nous n’avions pas su écouter, regarde solennellement vers un avenir meilleur, envoyant généreusement les quelques doses d’antidote conservées si précieusement aux pays en difficulté.

Traumatisés, nous conserverons à jamais les images abominables (en 3D, pour les chanceux qui ont eu les lunettes à l’achat d’une place pour Avatar) de l’agonie de nos proches en nos tréfonds. Il résonne encore dans nos oripeaux leurs dernières paroles enfarinées : « Rajoute du rhum dans mon grog… » Une fois infecté par l’épidémie, tout allait très vite : à peine 99,7% de chances de s’en sortir. Ce fut l’hécatombe. Pire que H5N1. Pire que Boom boom pow…

À l’horizon, se profile déjà une nouvelle menace, appellée « gastro-entérite ». Il semble que nous allons à nouveau en chier. Par chance, Roselyne a d’ores et déjà fait l’acquisition de 800 millions de kilomètres de papier toilettes double épaisseur en cellulose. Nous attendons, tels des campeurs, rouleau à la main, Manau dans le lecteur cassettes « Fallait-il continuer ce combat déjà perdu? Mais telle était la fierté de toute la tribu! » J’ai peur. Je flatule. Peut-être suis-je déjà contaminé. Fuyez tant que vous le pouvez…

Le mot de la rédaction

Bienvenue chers amis lecteurs

Diarhée verbale, cynisme et doigts dans le nez

"BlogJob c'est un peu comme les carottes dans l'anus : on a du mal au début, mais on finit par adorer ça."

Magloire

Bonne lecture

BlogJob

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